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France 2, le 10 Juin 2005 à 14:34

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La 51e édition de la Biennale d'art contemporain de Venise se déroule du 12 juin au 6 novembre


La ville des Doges reçoit 2 expositions principales et 70 pavillons, l'occasion pour certains pays, comme l'Albanie, l'Afghanistan, le Kazakhstan, le Kirghizstan ou l'Ouzbékistan, de présenter un artiste.

Confiée pour la première fois de son histoire à deux femmes, la Biennale fait une rétrospective des dernières décennies et s'ouvre vers l'avenir.


Institution fondée en 1893 par la mairie de Venise, la Biennale se divise aujourd'hui en six volets: cinéma (Mostra), architecture, musique, théâtre, danse et art contemporain.

La première "Exposition internationale d'Art de la ville de Venise" avait été inaugurée le 30 avril 1895 et avait été visitée par 224.000 personnes, selon le site internet officiel www.labiennale.org.

Les femmes à l'honneur
La Biennale d'art contemporain sera dirigée par les Espagnoles Maria de Corral et Rosa Martinez, qui sont chacune commissaire d'une exposition.

Née en 1942 à Madrid, directrice de 1981 à 1991 du secteur "arts visuels" de la Fondation artistique La Caixa (caisse d'épargne privée d'origine catalane), Maria de Corral a dirigé pendant quatre ans (1991-1994) le musée de la Reine Sophie à Madrid et s'occupe depuis 2002 du projet de musée d'art moderne et contemporain de Santander (nord de l'Espagne).

Rosa Martinez (née en 1955 à Barcelone), a également travaillé pour la Fondation La Caixa et a dirigé plusieurs biennales Barcelone 1988-1992, Istanbul 1997) avant de prendre les commandes du pavillon espagnol lors de la 50e édition de la Biennale de Venise (2003).


Après quelques pas dans les corderies de l'Arsenal, qui abritent l'exposition "Toujours un peu plus loin" de Rosa Martinez, les affiches "pop-art" des Guerrillia Girls viennent rappeler que "moins de 3% des artistes dans l'Art Moderne sont des femmes, mais que 83% des nus sont féminins".

Le lustre fabriqué entièrement à partir de tampons hygiéniques par Joana Vasconcelos, artiste née à Paris en 1971 et vivant à Lisbonne, donne également un caractère féminin, voire féministe, à cette entrée en matière.

Mais c'est d'abord la complémentarité qui a caractérisé le travail des deux Espagnoles.

9.000 m2 dédiés à l'art
Dans les 9.000 mètres carrés de locaux de l'Arsenal, à quelques centaines de mètres de la célèbre place Saint-Marc, le projet de Rosa Martinez, "Toujours un peu plus loin", accueille 49 artistes. Dans cet ancien fief de la marine italienne, le public découvrira des artistes venus principalement d'Europe, mais aussi de Palestine (Emily Jacir), du Guatemala (Regina José Galindo), de Cuba (Carlos Garaicoa, Diango Hernandez), du Cameroun (Pascale Marthine Tayou) ou des Philippines (Kidlat Tahimik).

"L'expérience de l'art", l'exposition conçue par Maria de Corral, est pour sa part située dans les "Jardins" de la Biennale, près du Lido, et réunit 42 artistes dans les 34 salles du Pavillon Italie.

L'exposition s'ouvre par une façade "Sans titre" de l'Américaine Barbara Kruger, consacrée lors de cette édition avec un Lion d'or pour l'ensemble de sa carrière, et qui proclame: "Tu entres dans l'histoire une fois que tu as réussi dans les affaires".

"L'expérience de l'art" laisse également la place à de jeunes artistes s'exprimer, comme Francesco Vezzoli, qui raille Hollywood en réalisant la bande-annonce d'une fausse superproduction sur l'empereur romain Caligula.

De son côté, la commissaire Rosa Martinez a confié s'être directement inspirée de Corto Maltese, le personnage de bande dessinée imaginé par Hugo Pratt, qui représente pour elle "le mythe du voyageur romantique, toujours indépendant et prêt pour les imprévus et les risques".

Plus de place aux installations
L'exposition donne davantage d'espace aux installations sophistiquées et innovatrices qu'aux supports traditionnels, même si les sculptures de la nonagénaire Louise Bourgeois, deux spirales métalliques suspendues en l'air, tentent selon l'artiste de "contrôler le chaos".

Plusieurs installations mettent également en scène le visiteur qui peut, par exemple, choisir la musique de son enterrement et vivre ses propres obsèques en s'allongeant sur le catafalque blanc de Pierre Coindé et Gary O'Dwyer ou monter dans le gigantesque vaisseau en forme de baleine imaginé par la Japonaise Mariko Mori.